La voie dorée

La voie dorée ou gold open access concerne des revues ou ouvrages nativement en open access, dès leur publication.

Plusieurs solutions s’offrent à un éditeur ou à une revue qui souhaite s’engager dans une transition vers la diffusion en accès libre. Les modèles économiques actuellement en oeuvre pour garantir des rentrées financières permettant de couvrir les coûts d’édition sont variés et de nouvelles expérimentations sont en cours. De manière générale, le modèle économique de la voie dorée est le financement en amont qui peut revêtir diverses formes :

  • Le modèle auteur-payeur (ex. PLoS)
    L’accès au document est libre pour le lecteur mais l’auteur ou son institution paye des frais appelés Article processing charges (APC) pour financer la publication. Les APC prennent généralement la forme d’un coût à l’article, dont le montant varie de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers. Certains éditeurs proposent des adhésions institutionnelles pour pouvoir bénéficier de remises sur le coûts des APC, d’autres des adhésions individuelles à vie permettant de publier un ou plusieurs articles par an, qui se substituent alors aux APC.
    Ce modèle étant parfois dévoyé, il convient d’être vigilant sur :
    • les dérives tarifaires pratiquées par certains éditeurs qui, outre financer la publication, cherchent surtout à faire du profit.
    • l’existence d’ « éditeurs prédateurs » qui, sous couvert d’open access, font payer les auteurs mais n’offrent aucune expertise (absence de comité scientifique, processus de relecture défaillant voire inexistant…).
    • la notion de revues hybrides : des revues dont l’accès est soumis à un abonnement mais dans lesquelles l’auteur peut choisir de publier un article en libre accès en s’acquittant de frais. Il s’agit généralement de revues éditées par de grands éditeurs commerciaux. Ce modèle est fréquemment remis en cause car il implique qu’une institution paye plusieurs fois pour l’accès au document (abonnement + frais pour la publication en OA si ses auteurs en font le choix). Il suscite un débat important dans la communauté scientifique.
  • La subvention :
    L’accès au document est libre. Le financement de la publication (revue et/ou plate-forme) est pris en charge par une institution, une société savante, un organisme de recherche, une association ou une fondation.
    C’est de loin le modèle le plus répandu puisqu’il concerne 66% des revues référencées par le DOAJ (au 7 octobre 2015, le Directory of Open Access Journals recense près de 10 000 revues sans APC contre seulement 793 avec).
  • Le Freemium (ex. OpenEdition) :
    L’accès au document est libre mais des services complémentaires sont commercialisés (par exemple les statistiques d’usage, ou les fichiers PDF ou ePub alors que seule la version html est gratuite).
  • La souscription : dans ce modèle, la diffusion en accès libre des ouvrages et revues s’opère lorsque le seuil financier visé est atteint grâce aux contributions financières des établissements souscripteurs. Ex. Knowledge Unlatched (monographies), Open Library of Humanities (revues).
  • Le financement participatif (crowdfunding)

Les établissements de recherche peuvent soutenir les bonnes pratiques de la voie dorée de plusieurs manières :

  • en définissant une politique pour la prise en charge des APC par l’établissement (par exemple, une politique refusant les modèles hybrides et fixant un montant d’APC maximal…) et en y adossant une réserve financière centralisée pour faciliter l’identification des sommes dépensées.
  • en soutenant les initiatives d’édition en Open Access proposant des modèles ouverts et durables (modèles de souscription institutionnelle, freemium…).
  • en œuvrant à la transformation du modèle économique des presses universitaires de l’établissement pour les engager dans la voie d’une diffusion ouverte (ex. Collège de France, université de Göttingen)

Pour en savoir plus :

OA journal business models sur l’Open Access Directory

Revues prédatrices, un danger pour les chercheurs, Vincent Bèche (09/03/2014)

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