Le développement de nouveaux modes de publication en open access

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Un mouvement de fond

Quelques dates significatives marquent des évolutions dans les modes de publication en open access :

  • Années 1990, apparition de revues « free online peer-reviewed » : New Horizons in Adult Education (1987) et Psycoloquy (1989)
  • Années 1990, création de plateformes d’édition en open access : Scielo en 1998 en Amérique Latine, revues.org (devenu OpenEdition) en France en 1999
  • 1999, apparition des frais de diffusion en open access, les « Article Processing Charge » (APC) chez BioMedCentral (BMC)
  • 2003, création de PLoS et de sa première revue PLoS Biology, fonctionnant entièrement sur le modèle auteur-payeur
  • 2004, arrivée chez Springer du service « Open Choice », qui marque le début des revues « hybrides »
  • 2006, lancement de Plos One , début des mégarevues : en libre accès, avec un peer reviewing simplifié (contrôle de la cohérence et de la rigueur scientifiques des travaux soumis), multidisciplinaires et à publication rapide.
  • 2012, les mégarevues SpringerPlus et GigaScience publient, en plus des articles, des séquences audiovisuelles, des contenus multimedia, des jeux de données (datasets) commentés.
  • 2012, arrivée de PEERJ, qui base son modèle économique sur l’auteur et pas sur l’article, avec un système d’adhésion
  • 2014, PLoS inclut dans sa politique éditoriale le dépôt des sources de données ayant permis de réaliser les recherches décrites dans les articles.

Les avancées en faveur de l’open access au cours des 2 dernières décennies, les preuves du succès de la diffusion en open access, ou a minima de sa non-nocivité pour d’autres formes d’exploitation, conduisent à une plus grande appropriation du modèle, et, petit à petit, à la fin des idées reçues sur l’open access. Par ailleurs, on observe un changement des attentes des nouvelles générations de chercheurs, mais aussi de décideurs et de responsables de sociétés savantes, qui sont désormais aussi bien consommateurs que producteurs de données nativement numériques ; il s’attendent donc à trouver facilement en ligne toute l’information dont ils ont besoin, et à pouvoir l’utiliser sans barrière technique ou juridique.

Plusieurs pistes pour le futur

L’évolution de la validation scientifique par les pairs (« peer-reviewing ») : les précurseurs de plus de transparence en matière de validation parlent d’open peer-review, un processus au cours duquel les articles sont soumis à l’analyse et à la critique soit de chercheurs dont on connaît l’identité soit de la communauté dans son ensemble, sur le web ouvert. De nouveaux outils de certification, pour établir notamment le rôle de chacun des intervenants dans la recherche sont mis au point (open badges). Enfin une alternative au modèle de la revue se fait jour la montée en puissance des archives ouvertes comme outil de soumission à la validation par les pairs et comme support de communication des travaux de recherche (epi-revues, publication des résultats négatifs, modules d’évaluation qualitative ouverte…)

L’évolution des outils et méthodes d’évaluation : essor de l’usage des métriques alternatives (« altmetrics« ) et, partant, reconnaissance des nouveaux moyens de dissémination de la production scientifique, réforme nécessaire du facteur d’impact, et donc retour à une évaluation réellement scientifique et non plus simplement numérique des activités de recherche.

L’évolution des modèles économiques éditoriaux : on peut envisager une bascule de l’activité basée sur le modèle de l’abonnement des éditeurs traditionnels vers la fourniture de services à valeur ajoutée, déconnectée de la vente des accès aux contenus (modèles économiques de type freemium, ou adhésions individuelles de type PeerJ). En Allemagne, une initiative travaille à « retourner » le modèle (« flipping model ») en transférant les dépenses d’abonnements vers des dépenses d’APC. Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, des négociations sont menées pour établir un système de compensation (« offsetting model« ) entre le modèle d’abonnement et le modèle auteur-payeur.

L’évolution des modes d’accès à l’information : alors que la quantité d’information scientifique augmente de façon exponentielle chaque année, il devient de plus en plus crucial de se doter d’outils et de méthodes pour sélectionner l’information pertinente. Les algoritmes de filtrage et les outils ou réseaux de recommandation sont appelés à se développer.

L’évolution des usages : l’impact des politiques en faveur de l’OA sur les décisions de publication des chercheurs (et sur la « liberté universitaire« ) sera à observer, ainsi que les usages des jeux de données mis à disposition en open access.

L’émergence de nouveaux « produits de recherche » : l’article, et plus largement le document textuel, n’est plus forcément le format standard de la publication. De nouveaux types de documents, mixant textes, données et supports variés, sont expérimentés.
Exemples : Living books about life, Gamer theory

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